Benoît MERNIER… du Séminaire à l’Opéra !

Benoît Mernier compose son premier opéra en création mondiale à la Monnaie.

Benoît Mernier est né en 1964. Durant ses humanités au Séminaire, il aborde la musique par l’orgue avec Firmin Decerf. Il étudie ensuite au Conservatoire Royal de Liège où il remporte de nombreux Premiers Prix et le Diplôme supérieur d’orgue. Il découvre la musique d’aujourd’hui au contact de Claude Leloux, Henri Pousseur, Bernard Foccroulle, Célestin Deliège et Philippe Boesman, avec qui il travaillera la composition. En 1995, il suit un stage à l’IRCAM. Aujourd’hui, il consacre une partie de son temps à l’orgue, en tant qu’interprète et pédagogue. Il se produit comme soliste en Belgique et à l’étranger. Il a enregistré plusieurs disques dont l’un s’est vu décerner le grand Prix de L’Académie du disque Charles Cros. Ses œuvres sont jouées et souvent créées dans le cadre de festivals tels que Ars Musica. Plusieurs de ses œuvres ont été récompensées par des prix en Belgique et à l’étranger. Durant la saison 2002-2003, il était compositeur en résidence au palais des Beaux-Arts de Bruxelles et en 2004 au festival autrichien Carinthischer Sommer. Il vit à Bruxelles. Il est professeur d’orgue, d’improvisation et d’analyse musicale à l’Institut supérieur de Musique et de Pédagogie (IMEP) à Namur. Benoît est également le fils de Georgette Mernier-Gadisseur, responsable dans notre école de la Section Aide aux personnes, depuis peu à la retraite. En ce printemps 2007, Benoît Mernier compose son premier opéra en création mondiale à la Monnaie. Il s’agit de « L’éveil du Printemps » d’après la pièce éponyme de F. Wedekind, « Frühlings Erwachen » 1890 . Avec un sens profond de la poésie, l’auteur décrit le passage de l’enfance à l’âge adulte, le moment où s’exacerbent les questions universelles et éternelles sur le sens de la vie et où se manifestent les premiers désirs sexuels, la difficulté des adolescents à entrer dans le monde des adultes et vice versa. Ce qui a séduit Benoît Mernier dans cette histoire, c’est l’idée sous-jacente que chacun de nous, jeune ou vieux, est confronté à des passions et des émotions contradictoires : à nous de trouver une manière de vivre avec elles. Ce 15 mars 2007, les classes de 5G1 et 5G2 emmenées par B. Boulet (professeur de musique) et Jean-Paul Krack (professeur de français) sont allées à la rencontre du compositeur et de son œuvre. Voici quelques extraits de comptes rendus rédigés par les élèves. Frühlings Erwachen : un coup de théâtre à l’Opéra ! Laurent Constant 5G1 Pour la dernière production de la Monnaie sous la direction de Bernard Foccroulle, on peut dire que Benoît Mernier a frappé fort ! Un opéra grandiose, tout en beauté, des décors à la musique, en passant par la mise en scène et les costumes. La musique est contemporaine,certes, mais elle sonne aussi merveilleusement bien à l’oreille du professionnel qu’à l’oreille de Monsieur Tout le monde venu chercher un peu de divertissement. La mélodie nous plonge littéralement dans l’histoire. B. Mernier a réussi à allier virtuosité et simplicité pour nous offrir un accompagnement dynamique et mélancolique, tout en respectant la beauté du texte de Wedekind. Un compositeur que nous avons eu la chance de rencontrer sous l’œil des caméras de Arte et qui nous a parlé de son œuvre comme un père parlerait de son fils : fièrement et avec simplicité… Un spectacle hors du commun, à voir absolument ! Maître en scène ! Katy Poncin 5G2 Pour une première expérience à l’opéra, on peut dire que Frühlings Erwachen m’a apporté son lot de surprises ! J’avais quelques appréhensions concernant la musique contemporaine que j’allais entendre mais force fut de constater que la composition de B. Mernier était tout à fait en phase avec cet opéra. Créant tantôt des ambiances orageuses, tantôt des morceaux plus lyriques tels que le duo de Hänschen et Ernst ou l’intervention du Chœur, ce musicien a réellement réussi à donner une dimension supplémentaire à l’œuvre originale de Wedekind. Les nombreux sujets licencieux abordés (viol, suicide, avortement raté…) auraient pu laisser présager une mise en scène très sombre, voire même parfois vulgaire, mais il n’en fut rien ! Dès le début du premier acte, on est plongé dans un univers poétique, doux-amer, rarement léger, souvent grave, mais toujours si juste et cela transparaît dans le jeu des acteurs-chanteurs. C’est une histoire universelle, criante de vérité et de sincérité… Une formidable découverte, et surtout un grand bravo !

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