Croatie 2007
3348 km. C’est la distance parcourue en car par 61 élèves de rhéto de l’INDSé durant la 1ère semaine du congé de Pâques à travers la France, la Suisse, l’Italie, la Slovénie et enfin la Croatie.
Une courte halte en Slovénie
La Slovénie était notre trait d’union entre l’Italie et la Croatie, but ultime de notre périple. Nous en avons profité pour visiter les fabuleuses grottes de Postojna dont les couloirs s’étalent sur plus de 21 km. Heureusement pour nous, après 17 h de trajet en car, nous ne les avons pas tous parcourus. Et nous pouvions compter sur l’aide d’un petit train... il fallait seulement penser à baisser la tête car les stalactites étaient plutôt basses. Superbes salles ! Superbes stalactites et stalagmites, blanches, rouges ou bleues, aux formes souvent suggestives. Nous y avons aussi découvert des habitants secrets dont le protée, dit « poisson humain », incolore et aveugle mais doté de 4 courtes pattes... tout le monde n’a pas vraiment aimé. On en voit un exemplaire sur la photo ci-dessous.
Première visite en Croatie, le parc national de Plitvice
Classé par l’Unesco dans le Patrimoine Mondial de la Nature, ce site naturel bouillonne de 16 lacs se déversant les uns dans les autres en des chutes allant jusqu’à 78 m de hauteur. Des paysages et des cascades dignes d’Indiana Jones s’étalent sous nos yeux. Nous marchons sur des chemins de rocaille ou de rondins à travers ce site fantastique sans plus sentir la fatigue. Nous faisons partie du décor ; nous sommes dans la carte postale. Heureusement le petit bateau permet à nos gambettes de se reposer un peu et... tiens madame Delperdange pousse la chansonnette. Dommage, il faisait si beau.
L’île de Krk
Une caractéristique de la langue croate, c’est d’oublier les voyelles... et ça nous pose un petit problème de prononciation mais on s’y fait. C’est ainsi que nous franchissons le double pont pour nous rendre sur l’île de Krk (prononcez Kerrk). Une jolie église nous y attend avec Saint Quirin ; curieuse cette église avec sa très belle chaire à prêcher en bois… et ses 2 autres chaires en pierre. C’est là aussi que nous découvrons l’écriture glagolitique1… mais pour nous, c’est du chinois. Un pique-nique en bord de mer avant de prendre le bateau pour passer d’une île à l’autre, cette fois pour aborder l’îlot de Košljun et visiter le monastère des franciscains. Quand ces religieux font leurs voeux et s’installent sur cet îlot, c’est pour la vie. Curieux : ils sont les seuls autorisés à pêcher dans cette région. Dieu que la mer est belle... on piquerait bien une tête mais chut ! Nous sommes dans un monastère.
Le soir, nous avons droit à une soirée en discothèque ; l’établissement ouvre spécialement pour nous. C’est à ¾ d’heure de l’hôtel mais, heureusement, le car nous y emmène et reprend le gros de la troupe à minuit et demi. Seuls 15 intrépides reviendront à 2 h du matin encadrés par Laurence et Isabelle. Dommage que sur ces 15 élèves, une seule ait eu l’audace de dire merci aux deux dévouées accompagnatrices.
Un orphelinat pour ours
Ici, à Kuterevo, nous prenons une leçon d’écologie. La région est encore habitée par quelques ours bruns, ces animaux sympathiques de 200 kg à l’âge adulte et seulement 350 g à la naissance. Mais il arrive parfois qu’un ourson échappe à la surveillance de la mère ; s’il n’est pas très vite récupéré, il est irrémédiablement condamné. Et maman ours ne cherche son petit que durant une semaine… après, elle l’oublie ! Heureusement, dans cet orphelinat, on recueille ces petites bêtes, non pas pour en faire des animaux de cirque ou les exposer dans des ménageries, mais pour les relâcher dans la nature. C’est pourquoi, ils n’ont guère de contacts avec les humains. Mais ce programme ne réussit pas toujours… j’ai même l’impression qu’il y a plus de ratés que de réussites. Les 2 ours de la photo ci-contre, par exemple, ne seront jamais relâchés : leur maman les ayant quittés trop tôt, ils n’ont pas appris à se nourrir ni à se défendre et ne survivraient pas en milieu sauvage. Notre jeune guide se montre extrêmement respectueuse de ces animaux et de la nature en général, autant animale que végétale ou minérale. Son discours est une véritable leçon de vie… dommage que si peu d’élèves écoutent !
En Istrie, nous revivons l’époque romaine
La province d’Istrie fait face à l’Italie. Deux petites heures de bateau la séparent de Venise. Ce n’est donc pas étonnant de voir de nombreux vestiges romains, parfois très bien conservés comme cet amphithéâtre de l’empereur Vespasien à Pulla. Construit en bord de mer, les romains avaient même projeté d’y amener l’eau pour y organiser des joutes navales.
Nous nous arrêtons à Rovinj et quelques uns grimpent jusqu’à l’église où nous découvrons Sainte Euphémide, la patronne des gauchers. Tiens, il y a encore 5 élèves qui écoutent la guide. Le retour vers la mer est superbe à travers les ruelles tortueuses bordées de nombreux ateliers de peintres, sculpteurs et autres artistes.
Une dernière halte à Porec pour visiter la basilique byzantine d’Euphrasius (Ve siècle), classée par l’Unesco dans le Patrimoine Mondial, et nous amorçons le retour. C’est reparti pour 17 heures de car !
La disparition des petits mots magiques
Voilà, le voyage est déjà terminé. Quand on ferme les yeux on revoit défiler ces magnifiques paysages et on entend encore les commentaires passionnés de Maja notre guide, diplômée depuis 3 ans de l’Université avec mention spéciale. Si nos élèves l’écoutaient, ils enrichiraient drôlement leur culture mais voilà… la plupart de nos jeunes sont sourds à ses somptueux commentaires. Pascal, notre chauffeur qui nous avait déjà emmenés à Budapest il y a 1 an me disait que les 2 groupes (celui de cette année et celui de l’année dernière) étaient tous deux très sympathiques mais qu’il voyait une différence de 100% quant à l’attention des jeunes aux commentaires de notre guide. Je citerais aussi volontiers Clément, 14 ans, qui me confiait ne pas vouloir devenir guide « pour n’être écouté par presque personne… ». Peut-on en vouloir à nos jeunes ? Les avons-nous préparés à écouter ? Est-ce déjà une conséquence de nos nouvelles méthodes ? Peut-être aurions-nous dû apporter une tonne de documents pour qu’ils découvrent eux-mêmes cette culture croate… Allez, soyons heureux, nos jeunes ne nous ont causé aucun souci… il y en a même 3 (sur 61) qui nous ont dit merci, vous savez, le petit mot magique qu’on fait répéter aux petits. À propos, 3 parents aussi nous ont dit merci : la journée était exceptionnelle ! Quant à moi, j’ai vraiment envie de crier « Merci Claudine ! Merci Laurence ! Merci de nous avoir préparé ce magnifique voyage, malgré vos difficultés, malgré les collègues orageux et malgré les problèmes inhérents à ce genre de préparation. Du fond du cœur, merci ! »
Philippe Delsate