Atelier Amnesty de ce vendredi 02 avril

Colombie : les mères de soacha demandent justice

 En 2008, il a été révélé que les forces de sécurité avaient procédé à l’exécution extrajudiciaire de dizaines de jeunes hommes de Soacha, une banlieue pauvre de Bogotá, la capitale colombienne, ce qui a contraint le gouvernement à reconnaître qu’elles étaient responsables de ces actes et à prendre un certain nombre de mesures. Présentées à tort par l’armée comme des « guérilleros tués au combat » (et parfois comme des « paramilitaires tués au combat »), les victimes auraient été tuées avec la complicité de groupes paramilitaires ou de bandes criminelles. Les jeunes victimes ont été attirées vers le nord du pays par la promesse d’un emploi rémunéré, avant d’être tuées. Dans la plupart des cas, les soldats ont reçu de l’argent, des jours de permission supplémentaires et des lettres de félicitations de leurs supérieurs, en guise de récompense pour avoir « tué un guérillero ».

La dimension nationale et internationale du scandale provoqué par cette affaire a entraîné la mise à pied, en octobre 2008, de 27 militaires dont trois généraux, ainsi que la démission, en novembre de la même année, du chef des armées, le général Mario Montoya, qui avait été associé à des affaires de violations des droits fondamentaux. Le président Uribe a déclaré que les homicides de Soacha feraient l’objet d’une enquête menée par la justice civile et non par la justice militaire, qui revendique souvent sa compétence dans ce genre de dossiers et les classe sans suite, sans avoir procédé à des investigations sérieuses. La Fiscalía General de la Nación enquête actuellement sur quelque 2 000 exécutions extrajudiciaires, commises au cours des dernières décennies, qui seraient directement imputables à des membres des forces de sécurité.

Depuis la découverte des fosses communes dans lesquelles ont été enterrés quelques-uns des jeunes hommes de Soacha et le tollé qui s’en est suivi, un grand nombre des mères et autres proches de victimes – notamment celles originaires de Soacha –, qui font campagne pour que justice soit rendue, sont surveillés et font l’objet de menaces et d’actes de harcèlement, toutes ces manœuvres étant destinées à les dissuader de continuer à réclamer justice.

En 2009, en grande partie en raison de la vague d’indignation soulevée par les meurtres des jeunes de Soacha, des dizaines de membres des forces de sécurité ont été arrêtés. Cependant, en janvier 2010, les personnes réclamant justice ont connu un sérieux revers car quelque 31 militaires ont été remis en liberté par les tribunaux .

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