Action Amnesty du vendredi 13 novembre 2009
Iran - Mohammad Pour Abdollah, un militant étudiant jugé
Le procès de Mohammad Pour Abdollah, qui semble être poursuivi pour « réunion et association dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale », « propagande contre le régime » et « appartenance à des groupes opposés au régime », a finalement débuté le 12 octobre, après avoir été reporté au moins trois fois. Aucun jugement n’a encore été prononcé. Les chefs d’accusation retenus contre Mohammad Pour Abdollah seraient liés à sa précédente arrestation à la suite d’une manifestation étudiante à Téhéran, en décembre 2007, ainsi qu’à des articles qu’il a publiés sur son blog après sa libération.
« Étudiants pour la liberté et l’égalité », l’association dont Mohammad était membre, est une organisation étudiante de gauche fondée vers 2006 qui souhaite notamment la création d’un réseau national d’étudiants et la fin de la présence militaire dans les universités iraniennes. Elle a participé à l’organisation de manifestations pacifiques en décembre 2007, à la suite desquelles environ 70 personnes ont été arrêtées. La plupart d’entre elles étaient membres d’ « Etudiants pour la liberté et l’égalité ». Plusieurs ont été torturées au cours de leur détention. Ainsi, des geôliers ont brisé les côtes et plusieurs dents à un étudiant parce qu’il refusait d’« avouer » devant des caméras qu’il avait des liens avec des groupes exilés et s’employait à déstabiliser le pays.
Au moins sept membres d’ « Étudiants pour la liberté et l’égalité » ont été arrêtés en février et mars 2009. L’un d’eux, Ali Reza Davoudi, âgé de 26 ans, a été arrêté le 12 février à Ispahan et libéré sous caution le 25 avril. Il a été torturé en détention, et notamment brûlé à l’aide de cigarettes et roué de coups.
La manifestation étudiante du 23 février était destinée à protester contre l’inhumation de soldats inconnus sur le campus d’une université de Téhéran, considérée par beaucoup de gens comme une manœuvre du gouvernement visant à exercer un contrôle sur les groupes d’étudiants opposés à sa politique. La présence de tombes de soldats, appelés « martyrs » parce qu’ils se sont sacrifiés en combattant les forces irakiennes, semble permettre aux visiteurs de pénétrer sur le campus sans être obligés d’être étudiants, comme c’est le cas normalement. Les organisations étudiantes craignent que cela entraîne un accès illimité aux campus pour les forces de sécurité et que cet accès conduise à des restrictions supplémentaires imposées aux débats et discussions relatifs à la politique du gouvernement.